Scapa Flow, des plongées différentes

Les Orcades, un petit archipel au nord de l’Écosse, abritent la baie de Scapa Flow, où, le 21 juin 1919, les allemands ont préféré saborder leur flotte plutôt que de la livrer aux anglais. Quarante neuf navires furent coulés, parmi lesquels il en reste sept que l’on visite encore, gisant entre 45 m et 16 m, dans de l’eau à 12° l’été et une visibilité moyenne de 10 m. Des mastodontes, tous dépassant les 100 m. De nombreux navires ont depuis été renfloués ou démantelés sur place pour récupérer les machines ou tout simplement l’acier.

Les plongées se font à partir du petit port fort sympathique de Stromness, pratiquement toutes en contactant directement les bateaux. Il y a bien un centre de plongée PADI, qui se vante d’être « le seul » sur l’archipel, mais au prix de 200 livres la plongée (tout le matériel fourni, tout de même). C’est un peu compliqué pour des plongées à la carte, car la plupart des bateaux proposent des croisières d’une semaine, mais certains prennent des plongeurs occasionnels à la journée s’ils ne sont pas complets. C’est ce que j’ai tenté et je suis plutôt bien tombé avec le MV Karin – cent livres la journée en mer, comprenant deux plongées, remplissage nitrox, location d’un bi 2×12, déjeuner et goûter, plus accompagnant non-plongeur (Marielle). Nous étions quatre plongeurs sur un bateau pour douze les trois jours où j’ai plongé.

Sur le MV Karin c’est cool. Ils n’appliquent aucun système (surtout pas PADI !), ne vérifient aucun certificat, et n’imposent aucune limite – ils font confiance aux prétentions du plongeur (tout compte fait, si tu te fais chier à venir avec ton étanche et le reste, le tout un peu usé, c’est que tu as de l’expérience, non ?). D’ailleurs, l’entrée en matière pour moi ç’a été : tu peux te joindre à Frank et Gary, mais ils font des « petites » plongées. Tu pourrais te joindre à John Shelley qui est seul, mais attention, il rentre dans les épaves, et c’est quand même dangereux, car elles s’effondrent par endroits. Le mieux c’est que tu plonges seul – ah, tu n’as jamais fait ? Essaie, tu verras c’est bien – tu as deux détendeurs complets et deux bouteilles séparables, la redondance nécessaire pour t’en sortir seul. Ah, tu ne connais pas les épaves ? On n’a pas de guide, mais lis les descriptifs qu’on a dans le bateau, ils sont plutôt complets. Allez, je t’accompagne sur le début de la première plongée, après tu te débrouilles.

Donc me voilà largué seul à mi-plongée et les plongées suivantes, sur des épaves monstrueuses et une faible visibilité… Finalement, c’est vrai que c’est bien, surtout par mauvaise visibilité, car on ne stresse plus en permanence pour avoir sa palanquée en vue, et puis… on fait ce qu’on veut !

Allez, assez de bavardage, voici quelques films courts. Les navires se sont pour la plupart retournés en coulant, ce qui n’offre pas les points de vue les plus intéressants. Il faut chercher les ouvertures où apparaissent les détails.

SMS Cöln

Croiseur « léger » de 115 m gisant à 36 m. Rencontre d’une méduse impressionnante au palier qui surprend les plongeurs d’un autre bateau accrochés au mouillage (après on était seuls sur les épaves). Regardez les drôles de palmes de John Shelley et son attirail vidéo sur la tête.

Bateau d’escorte F2

Bateau d’escorte de 80 m. Celui-ci est de la 2e guerre mondiale, coulé dans une tempête en 1946, après avoir été livré aux britanniques, gisant à seulement 16 m. Faune curieuse à voir vers la fin (des tunicates ?), et un gros congre en pleine eau (je n’ai pas pu allumer la caméra à temps pour filmer sa tête !)

SMS Kronprinz Wilhelm

Cuirassé de 146 m gisant à 38 m. La visibilité était très mauvaise. Regardez John Shelley qui pénètre dans cette épave qu’il connaît bien de l’intérieur. Il vient plonger ici une semaine ou deux tous les ans. Il n’utilise même plus de fil d’Ariane.

SMS Karlsruhe

Croiseur « léger » de 112 m gisant à 25 m. C’est l’épave dont la coque est la plus abîmée, mais du coup elle montre plus ses entrailles. John Shelley s’aventure à l’intérieur et trouve un panneau de commande électrique.

Une casse à bateaux

Ou « wreckyard », où les épaves étaient remorquées pour être démantelées. On y trouve des restes curieux, ici un mât avec une nacelle blindée. Aussi une faune particulière, dont un sol tapissé de crabes aux bras ouverts et une belle noix de mer (?) au palier.

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